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dimanche 1 janvier 2006

Biographie: Henri Focillon

Henri Focillon (1881-1943) était un grand historien de l'art. Normalien, son doctorat d'Etat porte sur Piranèse (1918). Il a enseigné à l'Université de Lyon, à la Sorbonne, puis à Yale et au Collège de France.

En caricaturant, on peut distinguer deux époques dans l'oeuvre d'Henri Focillon.
Dans un premier temps, la période lyonnaise, il s'intéresse à l'art moderne, principalement le XVIIIe et le XIXe siècle. Il assume alors la direction du Musée des Beaux-Arts de Lyon, de 1913 à 1924. De cette époque date aussi sa fascination pour l'art oriental, dont témoigne son étude pionnière de l'artiste japonais Katsushika Hokusai (1914). Pour Henri Focillon, le XIXe est le grand siècle, ce qui apparaît nettement dans la Peinture aux XIXe et XXe siècles (2 volumes, 1927 et 1928), tandis qu'il montre peu d'intérêt pour le cubisme, le surréalisme et Picasso.

La deuxième époque est marquée par son enseignement à la Sorbonne, où il succède en 1924 à Émile Mâle. Il s'intéresse alors au Moyen Age. Avec l'Art des sculpteurs romans (1932), il renouvelle en profondeur l'étude française de l'art roman. Dans cet ouvrage qui a marqué Louis Poirier alias Julien Gracq, Henri Focillon définit notamment quelques lois de cet art roman, telle la "loi du cadre" , selon laquelle une surface ornée par un peintre ou un sculpteur se déforme suivant les exigences de ses propre limites: la basilique San Vicente d'Avila, en Espagne, offre un bon exemple de cette "loi du cadre" puisque que les personnages qui sont représentés sur le tombeau de saint Vincent apparaissent repliés sur eux-mêmes, comme torturés, afin de se conformer aux limites du cénotaphe.

Henri Focillon publie par la suite une Vie des formes (1934), qui est un essai de méthodologie selon une interprétation "formaliste" de l'art et de son histoire puisque H. Focillon considère que le caractère premier d'une oeuvre d'art est sa forme, que sa principale signification est formelle; il y rappelle en outre ce qui peut paraître une évidence, à savoir qu'une oeuvre d'art ne peut être comprise que resituée dans son contexte temporel.

Dans l'Art d'Occident (1938), il embrasse cinq siècles d'histoire de l'Occident (au Moyen Age) pour essayer de définir la cohérence de cette notion d'Occident; sans trop de surprise, il conclut que c'est l'art qui donne sa cohésion à l'Occident.


Références:
_Henri Focillon, Hokusai, éditions Fage, réédition de 2005, 185 pages;
_Henri Focillon, l'Art des sculpteurs romans, PUF, Quadrige, réédition de 1995, 336 pages;
_Henri Focillon, la Vie des formes, PUF, Quadrige, réédition de 2000, 130 pages;
_Louis Rodecki, article "Henri Focillon", Encyclopedia Universalis, version 10.

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