Biographie: Oswald Spengler

Il commence la rédaction du premier volume du Déclin avec l'intention de se concentrer sur la seule Allemagne au sein de l'Europe. La crise d'Agadir l'incite à élargir le cadre de son étude.
Oswald Spengler a été inspiré notamment par le travail d'Otto Seeck (1850-1921), le Déclin de l'Antiquité: cela se retrouve dans le titre de l'ouvrage bien sûr, mais aussi dans l'analyse de l'histoire sous forme cyclique en prenant comme idéal-type l'histoire de l'Antiquité grecque puis romaine.
Oswald Spengler remet en cause l'idée d'une histoire linéaire, progressive; il rejette d'ailleurs les périodisations traditionnelles (Antiquité, Moyen Age, Temps modernes).
Il achève son livre en 1914, mais la publication est retardée par la Première Guerre mondiale. Quand le Déclin de l'Occident paraît en 1917, c'est un large succès car le sentiment d'humiliation nationale et la dépression économique semblent donner raison à O. Spengler. Il faut cependant noter que O. Spengler était persuadé de la victoire de l'Allemagne quand il rédigeait son livre.
Cet ouvrage rassurait les Allemands car il présentait leur déclin comme une partie d'un processus plus large. Il connaît aussi un grand succès à l'étranger, plusieurs traductions dès 1919.
Il critique la conception traditionnelle de l'histoire vue comme une série de processus interdépendants bien que divisibles en périodes. Il estime que l'histoire du monde consiste en des cultures indépendantes les unes des autres qui suivent un cours cyclique.
Il distingue huit niveaux de culture. Il propose de penser la culture par analogie avec l'organisme vivant: elle naît, elle a une jeunesse et une maturité, elle décline et elle meurt.
O. Spengler appelle civilisation le dernier stade du développement d'une culture, celui du dépérissement. Ses caractéristiques sont la décadence et l'éclectisme dans l'expression artistique, le vide et le scepticisme. Elle se manifeste par l'existence de grandes villes. En se basant sur cette analyse, Spengler croit que la culture occidentale a atteint la phase de la civilisation et est vouée à un déclin imminent. Il ne faut pas considérer ce déclin comme une catastrophe mais comme une dissolution. Une culture durerait autour de 1000 ans, soit 30 à 40 générations.
Marc Crépon a vu dans le Déclin de l'Occident une des lectures qui aurait inspiré Samuel Huntington pour envisager le Choc des civilisations.
Dans Prussianité et Socialisme, paru en 1920, Oswald Spengler avance que le socialisme allemand est différend du marxisme et qu'il est en fait compatible avec le conservatisme allemand. Le monde est divisé entre l'argent, c'est-à-dire le capitalisme et donc les Anglo-Saxons, et l'organisation, dont le principe est socialiste et trouve son incarnation en Allemagne.
En 1921, il publie l'Homme et la technique, livre dans lequel il avertit contre les dangers de la technique et de l'industrialisation pour la culture. Il dénonce notamment la tendance de la technique occidentale à répandre aux "races de couleur" hostiles qui pourraient les utiliser contre l'Europe. Peu de succès car il s'oppose à l'industrialisation.
Les années décisives, parues en 1934, deviennent un best-seller, interdit par le régime nazi pour ses critiques du national-socialisme. Oswald Spengler et la NSDAP se rejoignaient pour critiquer le libéralisme, mais O. Spengler désapprouvait leur doctrine biologique dépourvue de caractère scientifique ainsi que leur antisémitisme. O. Spengler trouvait aussi les Nazis trop allemands et pas assez Européens pour mener le combat contre les autres civilisations.
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