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mardi 16 octobre 2007

L'actualité du livre d'histoire et géographie en octobre 2007

L'Epreuve sur Dossier (ESD) au CAPES d'histoire et géographie nécessite de se tenir au courant des derniers ouvrages parus: j'ai déjà écrit sur ce blog comment procéder, à savoir lire les suppléments littéraires des quotidiens Libération, Le Monde et Le Figaro, d'un hebdomadaire comme Le Nouvel Observateur, les pages consacrées à l'histoire voire à la géographie dans le mensuel Lire; parcourir les rayons spécialisés des librairies, porter une attention particulière aux livres mis en exergue et ne pas hésiter à parcourir rapidement leurs introduction et table des matières. Mais je n'avais pas mentionné les potentialités d'internet.


Sur la toile, il faut commencer par les comptes-rendus de lecture des Clionautes, qui rendent un service précieux.
Par exemple, vous voulez connaître un titre récent en historiographie médiévale et être capable de répondre à une ou deux questions sur ce titre et son auteur. Sur le site des Clionautes, vous pouvez remarquer Faire la paix au Moyen Age, de Nicolas Offenstadt (Odile Jacob, 2007), grâce à un compte-rendu de Laurence Fritsch-Ory.
Le compte-rendu commence par une présentation qui vous permet de savoir que ce livre est issu d'une thèse soutenue en 2001, que la France accuse un déficit historiographique sur la question de la paix et que cet historien fait ainsi oeuvre de novateur. Avec le résumé que propose ensuite la Clionaute, vous pouvez tenir le choc d'une ou deux questions que pourrait poser le jury.


Maintenant vous souhaitez connaître un ouvrage récent en géographie: toujours grâce aux comptes-rendus en ligne des Clionautes, vous pouvez par exemple retenir le dernier ouvrage de Sylvie Sanchez, Pizza Connexion: Une séduction transculturelle, CNRS Editions, 2007.
Le compte-rendu de Jean-Philippe Raud-Dugal vous permet de replacer cet ouvrage si une question vous est posée sur un ouvrage récent de géographie, ou un ouvrage récent de la géographie de la mondialisation, ou encore un ouvrage récent de la géographie alimentaire, sans oublier la géographie de l'acculturation.


Pour ce qui est de la presse quotidienne, feuilletons les pages littéraires de ce mois d'octobre 2007.
Dans Le Monde des Livres daté du 4 octobre 2007, Thomas Wieder propose un compte-rendu de la parution en poche des Courants historiques par Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia (Gallimard, Folio Histoire, 724 pages). A priori, c'est un ouvrage que vous devez avoir fiché et potassé tout au long de votre année de préparation.
Voici quelques extraits de ce compte-rendu si cela peut vous aider:
"En France, la professionnalisation de l'histoire remonte à la fin du XIXe siècle. C'est l'époque où, impressionnés par la rigueur de l'historiographie allemande, les maîtres de la discipline entreprennent de réformer les études d'histoire au sein de l'université française.
De la licence à l'agrégation, dont les programmes sont renforcés, l'apprenti historien ne se contente plus d'acquérir une culture, mais se voit imposer de nouvelles exigences et de nouvelles méthodes. En témoigne l'évolution de la thèse de doctorat. Celle-ci, désormais, doit compter plusieurs centaines de pages, des notes en abondance et une bibliographie critique. On est loin des vingt-six pages de la thèse que Michelet consacra à Plutarque en 1819...
[...]
Idéologiques autant qu'épistémologiques, certaines de ces polémiques sont encore dans les mémoires, comme celle que provoqua la préface au Livre noir du communisme, en 1997. D'autres, plus lointaines, sont aujourd'hui oubliées : qui se souvient ainsi du débat qui, de 1903 à 1908, mit aux prises l'historien Charles Seignobos aux tenants de la sociologie durkheimienne ? [...]
Et aujourd'hui ? Pour les auteurs, qui ont réactualisé leur livre, paru initialement il y a huit ans, à l'occasion de sa sortie en édition de poche, "ce qui frappe d'emblée dans le paysage historiographique contemporain, c'est la pluralité des pratiques [et] des histoires". [...]"

Dans Le Monde daté du 3 octobre 2007, Bertrand Le Gendre rend compte du dernier essai de Fabrice d'Almeida, président de l'Institut d'Histoire du Temps Présent (IHTP): Brève histoire du XXIe siècle (Perrin, 180 pages, 2007).
Voici quelques extraits de ce compte-rendu:
"Quand le XXe siècle a-t-il pris fin exactement ? Et quand a commencé le suivant? L'intérêt de ce livre est de poser la question... et de répondre qu'elle n'a pas de sens. [...]
A chacun sa périodicité, sa vision de l'époque [...]. L'historien britannique Eric Hobsbawn enserre ainsi le XXe siècle entre deux moments charnières, la Grande Guerre (1914-1918) et la chute du mur de Berlin (1989). Sept décennies seulement qu'il appelle "le court XXesiècle". D'autres historiens voient dans le XXe siècle le siècle des génocides : des Arméniens, des juifs, des Cambodgiens, des Tutsis du Rwanda, des musulmans de Srebrenica... Tout en se demandant s'il a pris fin. Privilégier tel ou tel événement n'est jamais neutre [...]. Certains datent le début du XXIe siècle au 11 septembre 2001, le jour où des musulmans extrémistes ont précipité deux avions de ligne sur les Twin Towers de New York. Ils donnent raison à l'universitaire américain Samuel Huntington, le théoricien du clash des civilisations [...]
La gauche [...] sacralise le grand rassemblement des altermondialistes, du 25 au 30 janvier 2001 à Porto Alegre au Brésil, qui marque pour elle le retour des peuples sur le devant de la scène politique. La fin du XXe siècle est perçue différemment selon les continents [...]. Les Occidentaux mettent l'accent sur l'effondrement du bloc soviétique ; les Arabes, sur le début de l'Intifada ; les Africains, sur la fin de l'apartheid en Afrique du Sud ; les Asiatiques, sur la mort de l'empereur japonais Hirohito ou sur le soulèvement étudiant de la place Tiananmen à Pékin...
[...]
[Pour Fabrice d'Almeida] le XXIe siècle [...] n'a pas commencé en 2001 mais dans le dernier tiers du XXe. Des événements passés parfois inaperçus annonçaient ces années-là de grands bouleversements. Internet est sorti des limbes, sous le nom d'Apranet, en 1969. Les premières ONG à interférer dans le concert des nations sont nées dans les années 1970. Le drame de Seveso date de 1976. Il a aiguillonné la conscience écologique. La globalisation de l'économie a franchi un pas décisif au milieu des années 1980 lorsque les Bourses mondiales ont adopté un système de cotation en continu [...]"


Le mensuel Lire d'octobre propose deux compte-rendus d'ouvrage intéressants sur le Troisième Reich.
Tout d'abord, Jean-Luc Leleu publie La Waffen SS: soldats politiques en guerre aux éditions Perrin (2007, 1237 pages). C'est la version publiée de la thèse qui avait reçu le prix d'histoire militaire du ministère de la Défense.
Le compte-rendu de Lire est disponible gratuitement sur cette page (1er paragraphe). Dans le Figaro littéraire du 11 octobre 2007, Paul-François Paoli propose un résumé des grandes questions qui traversent ce livre:
"[...] S'ils furent de retoutables soldats dans les engagements en Russie et dans les Balkans en 1941, ils ne furent pas forcément plus 'performants' que la Wehrmacht. [...] la mentalité SS, fondée sur "le culte de la dureté pour soi-même et les autres", n'était pas d'une nature distincte de celle qui régnait dans l'armée allemande. Et si la vraie fonction de la Waffen SS avait été de nature mythique et idéologique? Comme si les Allemands avaient été convaincus qu'une épée ultime pouvait parer, en toutes circonstances, aux défaillances de la Wehrmacht."

Christopher R. Browning, déjà connu pour son désormais classique Des hommes ordinaires: le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne (Belles Lettres, 1994), nous propose maintenant Les origines de la Solution finale: l'évolution de la politique anti-juive des nazis, septembre 1939-mars 1942 (Belles Lettres, 2007).
Le compte-rendu de Lire est disponible gratuitement sur cette page (2e paragraphe). Dans Libération du 11 octobre 2007, Olivier Wieworka propose également un compte-rendu de ce livre.

Dans Le Monde des livres daté du 12 octobre 2007, Daniel Vernet rend compte de la parution des Sites de la mémoire russe, tome I: Géographie de la mémoire russe, sous la direction de Georges Nivat (Fayard, 850 pages). Deux autres tomes sont prévus.
Ce qui est intéressant et novateur par rapport à l'oeuvre franco-centrée de Pierre Nora qui date des années 1980, c'est que cet ouvrage prend également en compte des sites virtuels, sur Internet donc. Pour compenser la perte de territoires consécutive à la chute de l'Union soviétique, la Russie connaîtrait actuellement une "hypermnésie" selon Georges Nivat: une mémoire hypertrophiée qui récupèrerait toutes les mémoires russes pour mieux compenser cette perte territoriale et symbolique.

Thomas Wiedler recense dans Le Monde des livres daté du 12 octobre 2007 le Dictionnaire du communisme dirigé par Stéphane Courtois (Larousse, 648 pages).
Un ouvrage qui met l'accent, comme le veut le tournant historiographique de ces dix dernières années, sur la dimension criminelle du communisme.

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1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

A propos du "Dictionnaire du communisme" : c'est un livre où l'incompétence et la falsification s'aggravent mutuellement. Un fiasco plus que regrettable, qui peut surprendre de la part de Larousse.

http://marxisme.over-blog.com/article-13561145.html

04/11/07 23:57  

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