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samedi 13 octobre 2007

Mona Ozouf, La fête révolutionnaire, 1789-1799

Voici ma fiche de lecture sur le livre de Mona Ozouf, La fête révolutionnaire, 1789-1799, paru chez Gallimard à Paris, dans la "Bibliothèque des histoires" en 1976.

A la fin du XVIIIe siècle, les fêtes sont connotées négativement par l'idéologie des Lumières: économiquement, elles feraient perdre des gains de production et de productivité au pays; moralement, elles favoriseraient les débauches. Eclate alors la Révolution. Les révolutionnaires vont essayer de concilier l'inconciliable, la Fête et la Raison.
Mona Ozouf considère qu'il y a "transfert de sacralité" au sens où les révolutionnaires récupèrent le potentiel de sacralité de l'Ancien Régime et du catholicisme dans les cérémonies révolutionnaires qui exhaltent l'idéal de la Raison et le culte nouveau de la patrie. En ce sens, la fête est bien représentation du politique.

_Dans quels thèmes d'ESD utiliser la fête révolutionnaire de Mona Ozouf?
Tout d'abord, la fête révolutionnaire de Mona Ozouf est recyclable dès qu'il est question d'histoire des représentations ou d'histoire des mentalités.
Dès qu'il est question d'histoire et mémoire, La fête révolutionnaire de Mona Ozouf peut être évoquée. En effet, l'auteur montre comment les révolutionnaires utilisent la commémoration pour enseigner la Révolution, rejeter et critiquer l'Ancien Régime, occulter certains faits (la Terreur ou le 10 août 1792 par exemple).


_Quelles sont les sites internet intéressants sur la fête révolutionnaire de Mona Ozouf?
Maurice Agulhon rend compte de la fête révolutionnaire de Mona Ozouf dans les Annales: Histoire, Sciences sociales, 1978, Volume 33, Numéro 4, pages 752 à 754, compte-rendu qui est heureusement consultable ici sur le site Persée.
Sur le site de l'université de Genève, un autre compte-rendu de la fête révolutionnaire de Mona Ozouf est disponible.


Quelques questions de reprise imaginaires:
_Pourquoi les historiens se sont-ils intéressés à la fête?
Dans son compte-rendu, Maurice Agulhon propose une piste: "On écrit en effet volontiers que la curiosité actuelle sur la fête est le fruit un peu longuement mûri des révoltes de Mai 68: c'est alors en effet que la fête parut associée à la rébellion, que le côté festif parut essentiel à toute révolution vivante, et que la fête fut prônée, comme le signe principal de cette joie de vivre que toute révolution est sensée vouloir établir. Faire la fête serait subversif en soi, et, réciproquement, le combat révolutionnaire serait la fête la plus réussie. La curiosité pour la fête serait ainsi portée vers nous par un courant "gauchiste"."

_Des géographes se sont-ils intéressés à la fête?
Si vous préparez un sujet en histoire, vous devez vous attendre à ce que la première question de géographie reprenne le sujet mais adapté à la matière. Par exemple, vous traitez de l'histoire-bataille, vous aurez droit à une question sur la géographie et la guerre, la géographie sert-elle à faire la guerre (petit livre classique de Yves Lacoste) ou la paix (thème du FIG de 2008)? D'où cette question. Et inversement si votre sujet est en géographie.
Comme géographe qui s'est intéressé à la fête, il y a Guy Di Méo.
Guy Di Méo, sous la direction, La géographie en fêtes, 2001. En quoi la fête participe-t-elle de la construction sociale et identitaire des sociétés?
Dans les Annales de géographie, Guy Di Méo a rédigé en novembre-décembre 2001 "le sens géographique des fêtes", une synthèse qui permet de faire l'impasse sur l'ouvrage précédent.

_Quelles fêtes révolutionnaires connaissez-vous?
La première fête révolutionaire instituée, c'est la fête de la Fédération le 14 juillet 1790 (ci-dessous une peinture de Charles Thévenin).

Le 8 juin 1794, la fête de l'Être Suprême. (ci-dessous, une peinture de P.-A. Machy).

Le 14 juillet en tant que commémoration de la prise de la Bastille et non de la Fête de la Fédération est célébré à partir de 1794. C'est alors une des quatre fêtes nationales instituées par Robesbierre. Le 14 juillet ne devient fête nationale annuelle qu'en 1880.
Les 27 et 28 juillet 1796 a lieu la fête de la Liberté.
Le 22 septembre 1798, la fête de la Fondation de la République.

_Quels autres historiens ont travaillé sur la fête?
Olivier Ihl, La fête républicaine, Gallimard, Bibliothèque des histoires, Paris, 1996.

Rémi Dalisson, Les Trois couleurs, Marianne et l'Empereur: Fêtes libérales et politiques symboliques en France, 1815-1870, La Boutique de l'Histoire, Paris, 2004.

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